Lutte contre les ravageurs agricoles : l’Université de Goma encourage des méthodes écologiques
Le Domaine des Sciences agronomiques et environnement de l’Université de Goma a organisé, mardi 12 mai 2026, une conférence scientifique sur la biosécurité végétale et les alternatives durables aux pesticides, en prélude à la Journée internationale de la santé des végétaux.
Organisée au campus du Lac Vert/Mugunga, cette activité a réuni des étudiants, des enseignants-chercheurs ainsi que plusieurs habitants de la ville de Goma intéressés par les enjeux liés à la sécurité alimentaire, à la protection des cultures et à la préservation de l’environnement.
Au centre des échanges figurait la problématique de la lutte contre les ravageurs agricoles et les agents pathogènes sans recours excessif aux produits chimiques. L’intervenant principal de la conférence, Dr Patient Niyibizi a rappelé que les végétaux demeurent essentiels à la nutrition humaine et animale, alors même que leur production est confrontée à de multiples menaces, notamment les insectes ravageurs et certaines maladies des cultures. Selon lui, l’usage excessif des pesticides entraîne une accumulation de substances chimiques dans les sols et les eaux, affectant leur qualité ainsi que l’activité biologique des sols.
Le conférencier a plaidé pour une approche fondée sur la « lutte intégrée », une méthode qui privilégie la prévention plutôt que les traitements chimiques curatifs.
« Nous avons expliqué comment certaines pratiques agricoles peuvent réduire durablement les attaques des ravageurs. Cela passe notamment par les associations culturales et la rotation des cultures afin d’éviter l’appauvrissement des sols et la prolifération des nuisibles. L’utilisation des produits chimiques expose les producteurs et les consommateurs », a-t-il indiqué.
Au cours de son intervention, Dr Patient Niyibizi a également expliqué que certaines plantes peuvent naturellement protéger d’autres cultures contre les insectes nuisibles. Il a insisté sur le rôle des insectes auxiliaires, notamment les prédateurs naturels et les parasitoïdes, dans la régulation des ravageurs agricoles.
« Ces insectes jouent un rôle important dans l’agriculture parce qu’ils s’attaquent aux espèces ravageuses qui détruisent les cultures. Leur présence peut être favorisée grâce à certaines plantes à fleurs qui les attirent dans les champs », a expliqué le chercheur.
Le spécialiste a par ailleurs mis en garde contre l’utilisation d’insecticides non sélectifs, qu’il considère comme dangereux pour la santé humaine, la biodiversité et les écosystèmes.
« Certains produits interdits dans d’autres régions continuent d’être commercialisés localement. Pourtant, il existe des alternatives plus durables et moins nocives pour l’environnement », regrette-t-il.
Prenant la parole à l’issue de la conférence, le Prof. Dr Jackson Sebigunda a salué la portée scientifique de cette activité organisée à l’occasion de la Journée internationale de la santé des végétaux.
« Les échanges ont montré à quel point la question de la biosécurité végétale et la recherche d’alternatives durables aux pesticides sont devenues incontournables pour garantir la sécurité alimentaire et la nutrition dans notre région », a-t-il déclaré.
Le Doyen a également félicité le travail scientifique présenté par Dr Patient GAKURU, en soulignant l’importance d’une recherche universitaire tournée vers les réalités locales.
« Son travail a illustré l’engagement de l’Université de Goma à produire une recherche utile, ancrée dans les réalités de nos agriculteurs et tournée vers des solutions concrètes », a affirmé le Professeur Jackson Sebigunda.
Pour ce responsable du Domaine des Sciences Agronomiques et Environnement, cette conférence confirme le rôle de l’Université de Goma dans la promotion d’une agriculture durable et résiliente face aux défis environnementaux et alimentaires.
« Cette conférence a une fois de plus confirmé que l’UNIGOM reste un pôle de référence pour accompagner la transition vers une agriculture plus résiliente. »
À travers cette initiative scientifique, l’Université de Goma réaffirme ainsi son engagement en faveur de la promotion des pratiques agricoles durables et de la sensibilisation des futurs agronomes aux enjeux de sécurité alimentaire et de préservation des ressources naturelles dans l’est de la République démocratique du Congo.

Commentaire(s)